Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à cette 56e histoire de Nouvelle-France.
Aujourd’hui, j’aimerais vous raconter l’histoire d’un moine bénédictin qui a fui la France, qui s’est réfugié en Nouvelle-France, mais dont l’histoire, à son retour en Europe a créé un véritable scandale dans les journaux de Hollande.
Alors, pour un certain temps, au début du XVIIIe siècle, la Nouvelle-France a eu mauvaise presse (et je pense qu’on peut vraiment dire ça comme ça) en Hollande.
Voici donc l’histoire de ce moine ermite caché en Nouvelle-France.
001 – Marie-Anne Barbel, une femme d’affaires de Nouvelle-France
104 histoires de Nouvelle-France - 001 - Marie-Anne Barbel, une femme d'affaires en Nouvelle-France[ 10:17 ]Play Now | Play in Popup | Download
Pour cette première histoire de Nouvelle-France, j’ai voulu vous raconter la vie étonnante de Marie-Anne Barbel, veuve Fornel qui fut, au XVIIIe siècle, une femme d’affaires prospère de la ville de Québec.
La Nouvelle-France, tout comme la France de l’époque, était une société dominée par les hommes où les droits des femmes étaient presque nuls. Pourtant, certaines femmes ont su tirer leur épingle du jeu de façon fort étonnante.
Le mari de Marie-Anne Barbel, Jean-Louis Fornel, possédait plusieurs maisons dans la ville de Québec et aux alentours. Il était aussi impliqué dans le commerce des fourrures. Pendant ses longues absences, c’est Marie-Anne Barbel qui prenait soin des affaires. À la mort de son mari, elle a pris le contrôle de l’entreprise et elle a réussi à plusieurs endroits où Jean-Louis Fornel avait échoué.
- Lilianne Plamondon, Une femme d’affaires en Nouvelle-France, Marie-Anne Barbel (thèse de m.a., université Laval, 1976
002 – La propreté des rues de Montréal
104 histoires de Nouvelle-France - 002 - La propreté des rues de Montréal[ 6:02 ]Play Now | Play in Popup | Download
La propreté des rues de Montréal n’est pas une préoccupation nouvelle. Il y a quelques années, je suis tombé sur un article qui relatait une ordonnance qui datait de 1715 dans laquelle Jacques-Alexis de Fleury, ecuier, sieur Deschambault, lieutenant-général, civil et criminel de la juridiction de Montréal enjoignait les habitants de nettoyer les trottoirs (qu’on appelait banquettes) devant leur maison sous peine d’amende… Ces nettoyages concernaient aussi les cochons qu’on laissait courir dans la rue.
Comment nommait-on les repas en Nouvelle-France? Comme les Québécois d’aujourd’hui («déjeuner», «dîner», «souper») ou comme les Français («petit-déjeuner», «déjeuner», «dîner») ?
La question peut sembler futile (et j’avoue qu’elle n’est certainement pas la question historique la plus importante qui soit), mais elle est très intéressante au niveau de l’histoire de la langue française, car les mots ne sont pas seulement un agencement de sons, mais sont souvent très logiques.
Dans cet épisode, je vous expliquerai donc d’où viennent les mots «déjeuner», «dîner» et «souper».
C’est la première émission qui traite de l’histoire de la langue française, mais je vous promets que ce ne sera pas la dernière.
Cette 4e histoire de Nouvelle-France fait référence à un court passage du récit du 2e voyage de Jacques Cartier. Il y relate le témoignage du chef Donnacona selon qui il y aurait, au bout de la rivière Saguenay, un royaume dans lequel les habitants seraient habillés comme les Français et qui seraient à la fois humains et monstres.
Par exemple, selon ses dires, le Saguenay abriterait des êtres qui n’ont qu’une jambe et qui se déplaceraient en sautant.
Est-ce là une légende amérindienne? Eh non…
Ce passage des écrits de Jacques Cartier n’est pas souvent cité, mais il vaut la peine qu’on s’y attarde, car il nous en dit long sur la vision du monde qu’avaient les Occidentaux de son époque.
Pour consulter le livre où se trouve ce passage (en ligne) :
Un aspect du choc des cultures qu’ont subi les Français à leur arrivée en Nouvelle-France m’a toujours beaucoup fait rire : les Amérindiens ridiculisaient les Français à cause de leur barbe. À prime abord, ça peut paraître anodin, mais cela a eu des conséquences inattendues pour les Jésuites qui tentaient de convertir les Amérindiens : si ceux-ci ridiculisaient les hommes qui portaient la barbe, comment les Jésuites réussiraient-ils à leur faire admettre un Dieu barbu ?
Ça a été assez loin pour que le jésuite Charles Garnier (un des saints martyrs canadiens) demande officiellement qu’on lui envoie des Jésus sans barbe…
Est-ce que ça a été suivi par les autres?
Il faut dire que Charles Garnier était lui-même imberbe et qu’ils nous avoue dans ses lettres qu’il a été grandement ridiculisé en France à cause de cela. Il nous dit aussi qu’il était très heureux de se retrouver, en Nouvelle-France au milieu des autochtones, dans une société où non seulement on ne riait pas de lui, mais on le trouvait aussi assez beau.
Pour en savoir plus :
GARNIER, Charles, Lettre de Saint-Charles Garnier à son frère, le père Henri de Saint-Joseph, carme, de Teanaustayae, sans date(1645 ?), Rapport de l’archiviste de la province de Québec, Imprimeur de Sa Majesté le Roi, 1929-1930, p. 35 (pas en ligne)
104 histoires de Nouvelle-France - 006 - Changer de linge ou prendre un bain[ 7:50 ]Play Now | Play in Popup | Download
Comment préférez-vous vous laver? En prenant un bain (ou une douche) ou en changeant de chemise?
Aujourd’hui, personne ne remettrait en question l’usage du bain ou de la douche pour se laver… Et pourtant, pendant une grande partie de l’histoire de la Nouvelle-France, les médecins déconseillaient avec vigueur de prendre des bains. Ils affirmaient que l’eau était néfaste pour l’hygiène.
Au lieu de prendre un bain, les médecins préconisaient plutôt le changement de chemise (qu’on appelait alors «linge»). Plus elle était blanche, plus nous étions propre…
VIGARELLO, Georges, Histoire des pratiques de santé – le sain et le malsain depuis le Moyen Âge, Paris, Seuil, 1993
007-Y avait-il des carcans en Nouvelle-France?
104 histoires de Nouvelle-France - 007 - Y avait-il des carcans en Nouvelle-France[ 9:34 ]Play Now | Play in Popup | Download
Je n’ai jamais remis en question l’idée que le carcan était utilisé comme forme de punition en Nouvelle-France jusqu’à ce des personnes dignes de foi m’affirment le contraire, disant que cette peine était médiévale et qu’elle n’avait jamais eu cours ici.
M’étais-je trompé toutes ces années? Et que dire de tous ces musées de la Nouvelle-France qui présentent des reproductions de carcans? Ce ne serait pas la première fois qu’une idée fausse soit passé dans l’imaginaire collectif.
Étonné, j’ai donc effectué quelques recherches pour m’apercevoir que dès le départ, je me trompais dans la définition d’un carcan…
Pour en savoir plus :
BOYER, Raymond, «Les crimes et les châtiments au Canada français du XVIIe au XXe siècle», Ottawa, Cercle du livre de France, 1966
«Bulletin de recherches historiques», vol. 3, 1897, p. 14
LEJEUNE, Paul, «Relation des Jésuites», vol. IX, 1636
«Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France», vol. I et IV
Le jeu de billard ne date pas d’hier. Et à l’époque de la Nouvelle-France, on aimait bien le pratiquer. Et le pratiquer comme aujourd’hui, c’est-à-dire en mélangeant les plaisirs du vin et du jeu. Et ce, autant dans les hautes sphères de la société que dans les plus basses. Tellement que les autorités ont dû imposer des règlements et sévir à l’occasion…
En Nouvelle-France, le billard ressemblait déjà à notre propre jeu, à la grande exception que le bâton était recourbé.
Pour en savoir plus :
MASSICOTTE, E-Z, «Le jeu de billard sous le régime français», BRH, XXIII, 1917, p. 153
ROY, Pierre-Georges, «Le billard sous le régime français», in Petites choses de notre histoire, vol. 3, Lévis, 1919, pp. 242-247
On aurait pu croire que la criminalité ne serait pas un très grave problème en Nouvelle-France, grâce au fait que la population étant si petite, il serait facile de trouver le coupable de tout crime.
Et pourtant…
À l’automne 1683, de jeunes hommes se sont hasardés à commettre des vols à mains armées dans les rues de Montréal (qu’on appelait alors Ville-Marie).
Pour en savoir plus :
BOYER, Raymond, Les crimes et les châtiments au Canada français, Ottawa, Le Cercle du Livre de France, 1966, pp. 130-132
MASSICOTTE, Édouard-Z., «Un hold-up à Montréal en Nouvelle-France», BRH, vol. 34, 1928, pp. 264-265
010-Comment envoyait-on des lettres en Nouvelle-France?
104 histoires de Nouvelle-France - 010 - Comment envoyait-on des lettres en Nouvelle-France[ 7:31 ]Play Now | Play in Popup | Download
Voilà une question qu’on ne se pose pas souvent, mais qui était primordiale pour les habitants de la Nouvelle-France, car la poste était ni plus ni moins que le seul moyen de communication entre les grands centres.
Bien qu’il y ait eu quelque tentatives d’établir un système postal en Nouvelle-France, on peut résumer celui-ci en un seul mot : inexistant. Les gens se débrouillaient comme ils pouvaient et en ayant recours à certains trucs astucieux…
L’idée de cet épisode vient de la surprise que j’ai eue en lisant le compte-rendu de Joseph-François Lafitau dans lequel il démontre que les visions qu’avaient les Français et les Iroquois du ciel étoilé étaient beaucoup plus rapprochées qu’on pourrait le croire…La Nouvelle-France est fille de la mer. Et tout marin qui se respectait à l’époque pouvait se guider grâce aux étoiles et aux constellations.
Les premiers chroniqueurs de la Nouvelle-France pensaient trouver chez les autochtones une société sauvage, c’est-à-dire sans civilisation et sans grande connaissance, surtout des astres.
Ils ont été surpris de se rendre compte que non seulement ils avaient une certaine connaissance des étoiles, mais ils avaient aussi regroupé celles-ci en constellations, tout comme en France.
On sait bien qu’une des premières choses qui ait frappé les Français quand ils sont arrivés ici, ça a été l’étendue du territoire et l’abondance des forêts. Ce n’est pas très différent d’aujourd’hui, vous me direz… Mais la relation qu’avaient les Français avec la forêt dans les premières années de la Nouvelle-France est très différente de la nôtre. La forêt ne symbolisait pas le grand air, les promenades en amoureux et l’exotisme du retour à la terre.
En d’autres mots, il ne serait jamais venu à l’idée de personne de faire du camping à cette époque.
Cette semaine, je suis tombé sur un événement curieux qui s’est passé à Montréal au début du XVIIIe siècle. Un dénommé Jean Berger a été emprisonné pour avoir… écrit une chanson.
En réalité, il était déjà en prison, car on l’avait faussement accusé d’avoir battu un homme en compagnie d’un complice. On l’a gardé plus longtemps en prison, on lui a imposé une amende et une peine de carcan parce qu’il avait eu la mauvaise idée d’écrire ladite chanson qui dénonçait certaines personnes de la ville.
Voici, d’ailleurs, la transcription de la chanson :
«Approchez tous petits et grands
Gens de villemarie
On va réciter a présent
Cette chanson jolie
Que l’on a fait sur ce ton-là
Afin de vous mieux réjouir
Le beau jour de la St-Mathias
Le pauvre St-Olive
Rencontra devant l’hôpital
Deux inconnus boudrilles
Qui chacun avec un bâton
L’ont fait danser bien malgré luy
À chaque coup qu’on lui donnait
Ce monstre de nature
Criait Messieurs épargnez moy
Car il fait grand’ froidure
Et je vous demande pardon
De moy Messieurs faites mercy.
Après qu’on l’eut bien bâtonné
lIs l’ ont laissé par terre
Et luy à peine s’est-il retiré
Chez luy bien en colère
Criant d’un pitoyable ton
On m’a mis le dos en charpy.
Sur leur bonne conscience
Nous étions tous dans nos maisons
Comme l’on battait ce chetty.
II envoya quérir soudain
Messieurs de la justice
Donnant l’argent à pleine main
Pour que l’on les punisse
Les messieurs ont dit sans façon
Dans la prison ils seront mis.
Le lendemain de grand matin
On voit agir sans teste
Tous les huissiers la plume en main
Pour faire des requettes
Donnant forces assignations,
À gens qui étaient dans leur lit.
Aussytost tous les assignés
S’en vont tous à l’audience.
C’était pour être interrogé,
Sur leur bonne conscience
Nous étions tous dans nos maisons
Comme l’on battait ce chetty.
Ceux qui auront plus profité
De ce plaisant affaire
Messieurs les juges et les greffiers
Les huissiers et notaires
lIs iront boire chez Lafont
Chacun en se moquant de luy.
Et toi mon pauvre Dauphiné
que je pleure ta misère
De t’aitre laisse battonner
Sans pouvoir les reconnaitre.
II t’en coutra de tes testons
Sans le mal que tu peux souffrir
Pour moy je déclare et conclus
Que s’y l’on me demande
Que si non content d’être battu
II y payera l’amende
Par ses fausses accusations;
Le tout pour lui apprendre à mentir. » !
Note : J’ai changé les accents, mais j’ai laissé quelques erreurs d’orthographe propres à Jean Berger.
La copie de la chanson se trouve :
• Jugements et deliberations du Conseil Souverain, vol. V, p. 1025
014- L’affaire du prie-dieu à Montréal
104 histoires de Nouvelle-France - 014 - L'affaire du Prie-Dieu à Montréal[ 8:52 ]Play Now | Play in Popup | Download
Monseigneur de Saint-Vallier, évêque de Québec
Cette 14e histoire de Nouvelle-France vous raconte une querelle entre Mgr de Saint-Vallier et le sieur de Callières pour savoir qui des deux aurait son prie-dieu le plus près de l’autel dans l’église des Récollets, à Montréal. Cette querelle a duré près d’un an et demi, divisant la population de Montréal sur la question.
À une époque où il ne serait jamais venu à l’esprit de personne de tutoyer ou de nommer par son prénom une personne occupant un rôle politique important, les règles de préséance et d’étiquette revêtaient une importance qu’on ne soupçonnerait pas aujourd’hui.
Ou, devrais-je dire, les endroits où l’étiquette était importante n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui : alors qu’aujourd’hui, plusieurs personnes-politiques rêvent d’avoir un siège à l’ONU, plusieurs hauts personnages de la Nouvelle-France se sont querellés pour savoir qui aura le siège le plus rapproché… de l’autel, à l’église.
Ça peut faire sourire. Mais à une époque où la religion et les affaires de l’État étaient souvent entremêlées, cette question revêtait un caractère politique très fort. Et encore aujourd’hui, on le remarque dans tous les pays où la religion côtoie la politique… et nous n’avons pas à regarder très loin.
Pour en savoir plus :
«L’affaire du prie-dieu, à Montréal, en 1694», Rapport de l’archiviste de la province de Québec, 1923-24, vol. 4, pp. 71-110
ROY, Pierre-Georges, La ville de Québec sous le régime français, vol. 2, Québec, Service des Archives du gouvernement de la Province de Québec, vol. 2, 1930, pp. 79-80
104 histoires de Nouvelle-France - 015 - Mathurin Jouaneaux et la maison souterraine[ 10:10 ]Play Now | Play in Popup | Download
Dans cette 15e histoire de Nouvelle-France, je vous raconte l’histoire de Mathurin Jouaneaux qui a construit une des habitations les plus inusitées de Nouvelle-France : pour mieux se protéger des attaques iroquoises, il a bâti sa maison sous terre !
104 histoires de Nouvelle-France - 016 - La crise économique en Nouvelle-France[ 12:55 ]Play Now | Play in Popup | Download
Cette semaine, je sors de mes habitudes. Je vous présente moins une histoire à proprement parler qu’une introduction à d’autres histoires qui viendront dans les prochaines semaines et dont le thème central est l’économie en Nouvelle-France.
Lorsqu’on vit une crise (comme la crise économique que nous traversons présentement), on a souvent tendance à penser qu’«avant c’était mieux» et que la vie et les échanges étaient plus faciles. Je me suis dit qu’il serait intéressant de faire un petit retour sur le passé pour voir comment nos ancêtres ont su conjuguer avec l’économie.
Je suis donc allé voir comment ça s’était passé en Nouvelle-France. Et ce que j’y ai trouvé m’a donné un choc : la Nouvelle-France a été en crise économique perpétuelle. Ce ne sont pas tant les difficultés économiques qui m’ont surpris, mais plutôt l’ampleur de cette crise.
Je ne prétends pas faire ici un tableau exhaustif de la situation économique de la Nouvelle-France, car le temps et l’espace à y attribuer serait trop long, mais j’espère que cet épisode servira d’introduction à ce vaste sujet.
104 histoires de Nouvelle-France - 017 - Pour en finir avec les moé et les toé[ 15:34 ]Play Now | Play in Popup | Download
En Nouvelle-France, comment prononçait-on les lettres «oi» comme dans moi, toi, le roi et Jean-François?
Aujourd’hui, pour imiter le langage de nos ancêtres, on s’amuse à substituer tous les sons «oi» en «oué» en disant moé, toué, roué, Jean-Françoué en prétendant que c’est l’accent ancien du français. Mais parlaient-ils réellement comme de cette façon ?
La réponse n’est pas aussi évidente qu’on pourrait le croire, et, je l’avoue, certainement pas aussi évidente que je l’ai cru pendant plusieurs années. Il est vrai que pendant plusieurs siècles, la «bonne» prononciation française demandait qu’on utilise «ouè», mais il est faux de dire que c’était le cas partout.
Je suis donc retourné dans les livres de grammairiens du XVIe au XIXe siècles pour tenter d’y voir plus clair.
018- La véritable origine du nom du Fleuve Saint-Laurent
104 histoires de Nouvelle-France - 018 - La véritable origine du nom du Fleuve Saint-Laurent[ 8:07 ]Play Now | Play in Popup | Download
Je vous présente aujourd’hui une histoire que j’ai entendue la semaine dernière alors que je donnais un petit spectacle à Longue-Pointe-de-Mingan, sur la Côte-Nord : il paraît que l’histoire officielle selon laquelle c’est Jacques Cartier qui aurait donné le nom de Saint-Laurent au fleuve est fausse…
Pourtant, c’est ce qui est écrit dans les livres d’école…
019 – Lévis a-t-il réellement brûlé ses drapeaux sur l’Île Sainte-Hélène?
104 histoires de Nouvelle-France - 019 - Lévis a-t-l brûlé ses drapeaux sur l'Île Sainte-Hélène?[ 13:22 ]Play Now | Play in Popup | Download
Tour de Lévis – Montréal
Intérieur de la Tour de Lévis – Montréal 2009
Vue sur Montréal à partir de la Tour de Lévis – Montréal 2009
Connaissez-vous l’histoire des drapeaux du Chevalier de Lévis?
Selon cette histoire, le Chevalier de Lévis aurait préféré brûler tous les drapeaux des régiments français de Montréal plutôt que de les donner aux Anglais lors de leur entrée dans la ville, le 8 septembre 1760. Selon certaines versions trouvées dans les livres d’histoire de la Nouvelle-France, la destruction des drapeaux aurait eu lieu sur l’Île Sainte-Hélène…
Est-ce vrai?
Pour en parler, je me suis rendu sur l’Île Sainte-Hélène, tout près de l’imposante tour qu’on nomme «Tour de Lévis» en l’honneur du Chevalier de Lévis. Nombreux sont les Montréalais qui croient encore que cette tour est un des derniers vestiges de la Nouvelle-France à Montréal. Et on peut comprendre pourquoi en regardant ces photos.
Pour en savoir plus :
ROY, Pierre-Georges, «Les petites choses de notre histoire – première série», Lévis, 1919, pp. 265-273
«Journal des campagnes de Lévis», dans Collection des manuscrits du Maréchal de Lévis, vol. 1, 1889
ROY, Pierre-Georges, «Les petites choses de notre histoire – première série», Lévis, 1919, pp. 265-273
104 histoires de Nouvelle-France - 020 - Le premier touriste de la Nouvelle-France[ 13:35 ]Play Now | Play in Popup | Download
Sauriez-vous dire à quel moment la Nouvelle-France a reçu la visite de son premier touriste?
C’est en mai 1662 qu’un jeune normand appelé Asseline de Ronval s’est embarqué de Dieppe pour la Nouvelle-France. Il n’était pas le seul à s’embarquer. Mais contrairement aux autres passagers ou membres d’équipage, Asseline de Ronval ne se rendait pas en Amérique pour travailler ou s’y établir : il ne cherchait qu’à visiter le pays.
Il faut dire qu’à cette époque, plusieurs auteurs européens ont écrit des histoires qui se passaient en tout ou en partie en Nouvelle-France. Mais cette Nouvelle-France décrite dans les romans est tout-à-fait mythique, les auteurs n’ayant jamais mis les pieds ici. Sans doute un des plus célèbres de ces auteurs : Cyrano de Bergerac.
021 – Une chanson de la Nouvelle-France : le Général de Flipe
104 histoires de Nouvelle-France - 021 - Une chanson de la Nouvelle-France: le Général de Flipe[ 19:20 ]Play Now | Play in Popup | Download
Pour cette 21e histoire de Nouvelle-France (et la première histoire de l’année scolaire 2009-2010), je vous présente ce qui est, pour moi, un petit bijou historique qui nous est parvenu de la Nouvelle-France : la chansons «Le général de Flipe». J’aime tout particulièrement cette chanson pour 3 raisons :
elle raconte un fait historique (la tentative de prise de Québec par William Phipps en 1690)
elle a vraisemblablement été écrite par un contemporain des événements
elle nous a été transmise par tradition orale
La version de la chanson que je vous présente aujourd’hui est une reconstitution établie selon l’état de nos connaissances. En voici le texte :
LE GÉNÉRAL DE FLIPE
C’est le général de Flipe
Qui est parti de l’Angleterre
Avecque trente-six voiles
Et plus de mille hommes faits.
Il croyait par sa vaillance
Prendre la ville de Québec.
Il croyait par sa vaillance
Prendre la ville de Québec.
//
A mouillé devant la ville
Les plus beaux de ses vaisseaux,
Il met leur chaloupe à terre
Avec un beau générau.
C’est pour avertir la ville
De se rendre vite au plus tôt :
- Avant qu’il soye un quart d’heure,
J’allons lui livrer l’assaut.
//
C’est le général de ville
Z-appelle son franc canon :
- Va-t-en dire à l’ambassade
Recule-toi mon général.
Va lui dire que ma réponse
C’est au bout de mes canons,
Avant qu’il soye un quart d’heure,
Nous danserons le rigaudon.
//
C’est le général de Flipe
Qui mit son monde à Beauport,
Trois canons les accompagne
Pour leur servir de renfort.
Mais le malheur qui m’accable,
Qui ne m’a jamais laissé,
Les Français pleins de courage
M’en on détruit la moitié.
//
C’est le général de Flipe
S’est retourné dans Baston :
- Va-t-en dire au roi Guillaume
Que Québec lui a fait faux bond,
Car lui a de la bonne poudre
Et aussi de beaux boulets,
Des canons en abondance
Au service des Français.
[Chanson tirée du CD Chants et complaintes maritimes des Terres françaises d’Amérique - Anthologie des chansons de mer – volume 16, édité par le Chasse-Marée]
Voici un sujet qui appartient à la petite histoire de la Nouvelle-France. D’ailleurs, je n’aurais jamais cru m’y intéressé, car je ne m’étais jamais posé la question de savoir s’il y avait des jeux de loteries en Nouvelle-France… Et pourtant oui. Les jeux de loterie remontent à très loin dans l’histoire et déjà à l’époque de la Nouvelle-France, ils étaient bien encadrés par l’État qui voyait même à régler des litiges entre les joueurs et les créateurs de loteries.
Par contre, si les loteries en France, à cette époque, servaient principalement à venir en aide aux démunis et à redorer les coffres de l’État, il semble qu’en Nouvelle-France ça se soit passé de façon tout à fait différente…
023 – L’état de la science à l’époque de la Nouvelle-France
104 histoires de Nouvelle-France - 023 - L'état de la science à l'époque de la Nouvelle-France[ 13:08 ]Play Now | Play in Popup | Download
Aujourd’hui, je vous propose une émission quelque peu différente de celles que je vous ai présentées jusqu’à maintenant, car je ne vous parlerai pas directement de la Nouvelle-France. Je vous propose plutôt de nous plonger dans la pensée des gens des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles à travers certaines découvertes scientifiques qui ont été faite en Europe.
On a souvent tendance à penser que cette époque était très peu avancée au plan scientifique et technologique. Et c’est normal : toutes les générations ont cru qu’elles étaient plus avancées que les précédentes. Et nous n’y échappons pas.
Mais à y regarder de plus près, on se rend vite compte que les connaissances scientifiques étaient beaucoup plus évoluées à cette époque qu’on pourrait le croire à prime abord. En fait, plusieurs jalons de nos connaissances ont été élaborés pendant ces quelques siècles qu’a duré la Nouvelle-France.
Pour bien illustrer mon propos, j’’ai choisi 4 sujets :
104 histoires de Nouvelle-France - 024 - Que buvait-on en Nouvelle-France?[ 11:37 ]Play Now | Play in Popup | Download
Cette question peut sembler anodine à première vue, mais elle l’est beaucoup moins à force d’y réfléchir et de l’étudier.
Prenons l’eau, par exemple. Bien sûr, on en buvait, mais on n’avait pas accès à l’eau potable aussi facilement qu’aujourd’hui. Et dans les villes de France, où l’eau des rivières est souvent trop polluée, on avait pris l’habitude de couper l’eau… avec du vin.
Et chose étonnante : on buvait du café et du chocolat chaud en Nouvelle-France.
Et du côté des boissons alcoolisée, les habitants de la Nouvelle-France consommaient du vin, de la bière et, dans une moindre proportion, du cidre et de l’eau-de-vie.
Pour en savoir plus :
SÉGUIN, Robert-Lionel, La civilisation traditionnelle de l’ «habitant» aux XVIIe et XVIIIe siècles, Montréal, Fides, 1973, pp. 522-526
SULTE, Benjamin, «Ce qu’ils buvaient», Bulletin des recherches historiques, vol. 16, 1910, pp. 157-160
104 histoires de Nouvelle-France - 025 - Des travestis en Nouvelle-France[ 11:16 ]Play Now | Play in Popup | Download
Bonjour à toutes et à tous,
Vous savez, plus j’étudie l’histoire, plus je suis surpris. Il s’est souvent passé des choses qu’on n’oserait même pas inventer. Et j’ai été très étonné quand je suis tombé sur des récits de travestissement en Nouvelle-France. Ce n’était pas courant, mais c’était assez important pour qu’il y ait des conséquences.
Mais avant toute chose, je dois préciser un point : la définition même de ce qu’est un travesti : si aujourd’hui le mot sert à désigner un homme ou une femme (quoi que plus généralement un homme) qui prend les habits de l’autre sexe, au XVIIIe siècle, il désignait également des personnes qui prenaient les habits qui n’étaient pas de leur condition (par exemple : un habitant qui s’habillerait en noble).
Je vous raconte donc 3 histoires de travestissement dont 2 qui concernent des femmes qui se sont habillés en homme.
Pour en savoir plus :
BOYER, Raymond, Les crimes et les châtiments au Canada français du XVIIe au XXe siècle, Montréal, Le Cercle du livre français, 1966
Sur l’affaire des jeunes hommes travestis en Amérindiens :
026- Les familles reconstituées de la Nouvelle-France
104 histoires de Nouvelle-France - 026 - Les familles reconstituées de la Nouvelle-France[ 9:16 ]Play Now | Play in Popup | Download
Depuis plusieurs années, on cherche des solutions au problème de l’éclatement des familles et des unions qui ne semblent durer qu’un instant. On dit souvent qu’il serait bon de revenir à des valeurs familiales solides et durables. Et quand on dit «revenir», on regarde vers le passé.
Or, qu’en est-il de la Nouvelle-France? Les unions étaient-elles plus solides et durables? Pourrait-on prendre la Nouvelle-France en exemple quand il s’agit de trouver des solutions à l’éclatement de la famille? Difficile à croire, d’autant plus que les familles reconstituées étaient monnaie courante aussi à cette époque.
Pour en savoir plus :
LACHANCE, André, Vivre, aimer et mourir en Nouvelle-France, Saint-Hubert, Libre Expression, 2000
LABERGE, Alain, «La famille en Nouvelle-France – Mythes et réalités», Cap-aux-diamants, numéro 39, Automne 1994, pp. 10-12
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à cette 27e histoire de Nouvelle-France. Une 27e histoire qui prend la forme d’un mea-culpa car la semaine dernière, je vous disais qu’il y avait eu si peu de mariage d’amour en Nouvelle-France qu’on pouvait dire qu’il n’y en avait pas eu du tout.
Pourtant, je vous citais l’exemple de ce jeune homme qui avait fait de la prison pour obtenir le droit de marier sa belle. Or, en faisant mes recherches, je me suis aperçu que cette histoire était fausse. Pas entièrement, mais assez pour affirmer qu’on est loin d’une histoire d’amour digne de romans.
Je vous présente donc le résultat de mes recherches sur les amours du jeune Rouffio et de la belle Louise Cadet dans la dernière décennie de la Nouvelle-France.
Version qui attribue le rapt et le mariage à Pierre-Joseph Rouffio
LACHANCE, André, Vivre, aimer et mourir en Nouvelle-France, Saint-Hubert, Libre Expression, 2000, pp, 89-90
028- 1685 : année de crise économique et d’épidémie
104 histoires de Nouvelle-France - 028 - 1685, une année d'épidémie et de crise économique[ 10:00 ]Play Now | Play in Popup | Download
Je trouve toujours étonnant de constater à quel point l’histoire se répète.
En cette année 2009 où nous vivons une grande crise économique et une pandémie sérieuse, nous pouvons nous rassurer en nous disant que nous ancêtres (du moins ceux qui vivaient dans la ville de Québec en l’année 1685) ont vécu à peu près la même chose. La crise économique était si importante en Nouvelle-France que l’Intendant Jacques de Meules a dû inventer une nouvelle monnaie et, comble du malheur, une épidémie sans précédent a frappé Québec à l’automne et a emporté dans la mort une bonne partie de la population.
104 histoires de Nouvelle-France - 029 - Une mystique en Nouvelle-France[ 13:52 ]Play Now | Play in Popup | Download
Cette semaine, je vous présente un personnage assez particulier de l’histoire de la Nouvelle-France, la Mère Marie-Catherine-Joseph-de-Saint-Augustin.
Considérée comme l’une des figures fondatrices de l’Église canadienne, cette jeune religieuse (elle est morte à l’âge de 36 ans) a été béatifiée par Jean-Paul II en 1989. Elle a consacré sa vie aux plus démunis et aux malades et c’est pour cette raison qu’elle s’est embarquée à l’âge de 16 ans pour la Nouvelle-France.
Mais derrière cette image de religieuse parfaite se cachait une mystique. Toute sa vie, elle sera aux prises avec d’étranges visions de dragons, de démons et de saints en plus de souffrir d’étranges maladies dont elle acceptait les souffrances «pour plaire à Dieu».
Sa vie pourrait faire l’objet de deux films complètement différents. D’un côté, on pourrait tourner un film à caractère religieux et d’un autre, tourner un film qu’on croirait inspiré par un roman de Steven King…
Pour en savoir plus :
BOYER, Raymond, Les crimes et les châtiments au Canada français du XVIIe au XXe siècle, Ottawa, Le Cercle du Livre de France, 1966, pp. 295-299
104 histoires de Nouvelle-France - 030 - Les maladies de l'eau à bord des bateaux[ 15:22 ]Play Now | Play in Popup | Download
Un des plus grands problèmes auxquels ont été confrontés les marins jusqu’au XIXe siècle a été l’entreposage et la conservation de l’eau.
L’eau était essentielle à bord pour non seulement abreuver l’équipage, mais aussi pour l’hygiène, pour la nourriture et pour les animaux. Il fallait donc prévoir de l’eau potable en quantité suffisante pour tous ces usages pour une période d’au moins 3 mois. Mais la conservation de l’eau posait problème. Entreposée dans des tonneaux de bois, elle subissait des transformations qu’on appelait «les maladies de l’eau». En tout, 3 maladies pendant lesquelles l’eau était mauvaise à boire, mais entre lesquelles, elle redevenait «potable».
Si vous habitez au Québec, vous avez très certainement vue au moins une fois dans votre vie «L’Île-aux-Sorciers» : c’était le nom que les habitants de la Nouvelle-France avaient donné à l’Île d’Orléans, en face de Québec.
Pourquoi l’appelaient-ils ainsi? Nous ne le savons pas vraiment, mais depuis le XIXe siècle, 3 grandes hypothèses s’affrontent.
Voici enfin (après 5 mois d’absence) cette 32e histoire de Nouvelle-France. Je vous remercie beaucoup de votre patience et de vos nombreux courriels pour réclamer une nouvelle émission le plus rapidement possible. J’avais sous-estimé le temps de production d’une telle série, mais je suis bien heureux de vous annoncer que j’ai plusieurs autres histoires en banque qui ne demandent plus qu’à être enregistrées. Vous n’aurez donc plus à attendre aussi longtemps pour entendre une nouvelle histoire. La prochaine arrivera bientôt.
Pour cette 32e histoire de Nouvelle-France, je vous présente Jacques Nouette, dit la Souffleterie. Je le qualifie d’«énigmatique» parce qu’on ne sait rien de lui, ou si peu. En fait, presque tout ce qu’on sait de lui tient dans cette émission de 14 minutes. Et les seuls véritables articles que j’ai pu trouver sur ce personnage sont ceux que je cite en bibliographie et qui ont été publiés au début du XXe siècle.
Je ne vous raconterai pas toute son histoire dans ce billet (je vous laisserai plutôt écouter l’émission), mais je vous dirai tout de même que Jacques Nouette, qui était procureur (ou praticien, comme on le disait à l’époque), semblait avoir un don pour faire parler de lui et faire des vagues. Par sa façon de vivre, il a déplu à l’évêque de Québec qui a demandé officiellement au ministre Pontchartrain de le bannir de la Nouvelle-France…
Ce n’est pas banal. Et pourtant, je n’ai trouvé aucune recherche approfondie sur lui. Alors avis aux étudiantes et étudiants en histoire qui se cherchent un sujet de maîtrise, j’ai l’impression que l’histoire de cet homme pourrait se révéler très distrayante…
104 histoires de Nouvelle-France - 033 - Un procès de sorcellerie à Montréal[ 15:46 ]Play Now | Play in Popup | Download
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à cette 33e histoire de Nouvelle-France.
Aujourd’hui, je vous parle de ce qui a sans doute été le plus grand procès de sorcellerie de la Nouvelle-France. Cette histoire s’est déroulée à Montréal en 1742. Ce n’est pas la seule anecdote impliquant des pratiques de sorcellerie en Nouvelle-France, mais c’est certainement celle qui a fait coulé le plus d’encre, d’autant plus qu’on peut encore voir un des objets impliqués dans cette affaire à l’Hôtel-Dieu de Québec…
L’histoire que je veux vous raconter, c’est celle d’un catoptromancien, c’est-à-dire d’un homme qui prétendait pouvoir faire apparaître le visage d’un criminel dans un miroir. Cet homme s’appelait François-Charles Havard de Beaufort, dit l’Avocat…
Bonne écoute
Jean-François
Pour en savoir plus :
BOYER, Raymond, «Les crimes et les châtiments au Canada français du XVIIe au XXe siècle, Montréal, Cercle du livre de France, 1966, pp. 303-306
SÉGUIN, Robert-Lionel, «La Sorcellerie au Canada français du XVIIe au XIXe siècles», Montréal, Ducharme, 1961, pp.96-118
034 – Pour en finir avec les tourtières !
104 histoires de Nouvelle-France - 034 - Pour en finir avec les tourtières[ 7:00 ]Play Now | Play in Popup | Download
Bonjour et bienvenue à cette 34e histoire de Nouvelle-France !
Le sujet d’aujourd’hui risque d’en faire jaser plus d’un, car s’il existe un sujet de vives discussions chez les Québécois, c’est bien l’origine de certains plats nationaux, comme la poutine, le pâté chinois ou… la tourtière !
Or, en Nouvelle-France, la tourtière existait. Mais était-ce un pâté de viande? Était-ce fait avec seulement des tourtes? Était-ce autre chose?
Il faudra écouter l’émission pour le savoir !
Pour en savoir plus :
DOUVILLE, Raymond et CASANOVA, Jacques-Donat, «La vie quotidienne en Nouvelle-France», Hachette, 1964 p. 66
Voici un bon bout de temps que je ne vous ai présenté une histoire… J’avais, en fait, commencé à écrire celle-ci au printemps dernier alors que fusaient diverses accusations de scandales à l’endroit du gouvernement québécois. Je me suis alors demandé s’il y avait eu de tels scandales en Nouvelle-France.
Or, nous n’avons rien à envier à la Nouvelle-France sur ce chapitre! Dans les années qui ont suivi la défaite française en Amérique, le Conseil d’État du roi a mis sur pied une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur des allégations de fraude et d’abus de la part d’administrateurs, de hauts officiers civils et militaires, ainsi que de marchands qui ont tous «sévi» sous l’Intendant Bigot.
Près de 60 personnes ont été accusées dans ce procès. Une vingtaine ont été trouvées coupables, dont Bigot lui-même qui demeure encore aujourd’hui dans la mémoire collective synonyme d’escroc.
Mais il y a plus, dans ce procès, que la simple histoire de fraudeurs qui se font condamner. Il est également intéressant d’analyser les motivations de la France à intenter un tel procès. La couronne voulait-elle simplement «chercher la vérité»? Non. Elle avait d’autres intérêts.
Malheureusement, très peu d’historiens ont fait une analyse poussée de ce procès (pourtant, les sources qui nous sont restées sont abondantes). On se contente de répéter que «Bigot et sa bande» étaient des voleurs. C’est sans doute vrai. Mais il y a plus à ce procès que la simple volonté de punir des coupables…
036- Pierre LeMoyne d’Iberville est-il le père de ses enfants?
104 histoires de Nouvelle-France - 036 - Pierre LeMoyne d'Iberville était-il le père de ses enfants?[ 12:12 ]Play Now | Play in Popup | Download
Bonjour à toutes et à tous,
Après le dernier épisode dans lequel je traitais d’un sujet assez sérieux, je me suis dit qu’il serait intéressant de m’adonner aux potins… Un petit potin historique… pourquoi pas?
J’ai intitulé l’épisode «D’Iberville était-il le père de ses enfants?» un peu pour provoquer, bien sûr. Mais je vais explorer 2 questions sur les enfants de d’Iberville :
Combien d’enfants a-t-il eu?
Est-il le père non pas de ses enfants, mais de certains de ses enfants.
Bien sûr, cette histoire n’a aucune incidence sur la suite de l’histoire de la Nouvelle-France, mais j’ai toujours trouvé intéressant que les historiens ne s’entendent pas sur la question du nombre de ses enfants (certains disent 5, d’autres 6) et que personne ne remette en question les vertus de sa femme. Et pourtant….
Pour en savoir plus :
DE CATHELINEAU, Emmanuel, «Les beaux mariages d’une Canadienne» in Nova Francia, vo.. VI, 1931, pp. 144-181
FRÉGAULT, Guy, Pierre Le Moyne d’Iberville, Montréal, Fides, 1968
LEMOYNE DE SÉRIGNY, Gérard, «La descendance de Pierre LeMoyne d’Iberville», Texte dactylographié, Fonds LeMoyne de Sérigny, Avril 1974, 3 pages
«Pierre Le Moyne d’Iberville et Mlle Picoté de Belestre», Bulletin de recherches historiques, VI, 1931, pp. 144-186
104 histoires de Nouvelle-France - 037 - La Chasse-Galerie en Nouvelle-France[ 16:52 ]Play Now | Play in Popup | Download
Bonjour à toutes et à tous,
J’aimerais tout d’abord vous présenter mes excuses pour l’incroyable retard dans mes émissions. Cette absence prolongée n’est ni due à un abandon ou à un manque d’histoires à raconter. Au contraire !
Mais comme je ne voulais pas vous laisser en plan en vous présentant une histoire maintenant et une nouvelle dans plusieurs mois, j’ai donc décider de tenter une nouvelle façon de travailler. Je viens d’enregistrer 5 émissions que je diffuserai à toutes les 2 semaines.
Le prochaines histoires seront donc disponibles les 9 mars, 23 mars, 6 avril et 20 avril. Cela devrait me donner le temps de faire les prochaines recherches et d’écrire les prochaines émissions.
****
Cette semaine, je vous parle de la Chasse-Galerie. S’il est une légende qui est propre aux francophones d’Amérique, c’est bien celle-là !
L’an dernier, quand j’ai eu l’idée de vous présenter ce thème, je me disais qu’il serait intéressant de vous raconter la genèse de ce conte. Je me disais que ce serait facile, car je pensais bien connaître l’origine de cette légende…. Je n’avais qu’à chercher quelques références et ouvrir le micro….
Erreur.
Je me suis rendu compte que tout ce que je croyais savoir était faux. Alors que pendant des années j’ai présenté les origines de la Chasse-Galerie comme étant médiévales, remontant à un certain Sieur de Gallery, il semblerait que tout cela soit faux.
Pour en savoir plus :
BRETHÉ, E., «Une supercherie littéraire : la chanson de la Chasse Gallery», dans Bulletin de la Société de mythologie française, 19, 1955, pp. 62-89
104 histoires de Nouvelle-France - 038 - Défense de glisser dans les rues de Québec[ 4:35 ]Play Now | Play in Popup | Download
Bonjour à toutes et à tous,
Cette semaine, je vous raconte une bizarrerie que j’ai trouvée dans un recueil d’ordonnances de la Nouvelle-France : le 24 décembre 1748, l’Intendant Bigot interdit à quiconque de glisser dans les rues de Québec, sous peine d’emprisonnement !
Je n’ai trouvé aucune suite à cette histoire. J’ignore donc si l’ordonnance a été suivie ou encore si une personne a été condamnée pour ce «crime»…
Mais je trouvais intéressant de vous la présenter.
ORDONNANCE
Qui défend de glisser dans la Ville
FRANÇOIS BIGOT &c
SUR ce qui nous a été représenté que les enfants et même de grandes per sonnes glissent en traînes, en patins et autrement dans les différentes côtes de cette ville, ce qui expose les passants à des accidents, comme il est déjà arrivé par la vitesse avec laquelle ils peuvent tomber sur eux, n’ayant pas le tems de se ranger pour les éviter. A quoi étant nécessaire de remédier, Nous faisons très expresses inhibitions et défenses à toutes personnes, et aux enfans de glisser dans les rues de cette ville, soit en traînes, en patins ou autrement, à peine contre les grandes personnes de dix livres d’amende, payable sans déport et applicable aux Hôpitaux; et quant aux enfans qui seront pris en contravention, déclarons que leurs pères et mères seront contraints au payement de pareille amende de dix livres pour chacun de leurs enfants, lesquels dits enfans garderont prison, jusqu’à ce que leurs dits pères et mères ayent satisfait à la dite amende, et à l égard des enfans qui n’auraient ni pères ni mères, nous prévenons leurs maîtres, leurs tuteurs, parens ou autres particuliers chez lesquels ils demeureront, qu’ils seront également contraints au payement de l’amende, que s’ils étoient leurs propres enfants. Mandons aux Officiers de Police de tenir exactement la main à l’exécution de la présente Ordonnance qui sera lue publiée et affichée partout où besoin sera à ce que personne n’en puisse prétendre cause d’ignorance fait à Québec le vingt quatre Décembre 1748.
Signé BEGON
Cette semaine, je vous présente une émission en odoramat, car je peux vous assurer qu’après cet épisode, vous ne regretterez nullement l’odeur des rues de la Nouvelle-France et que vous leur préférerez l’odeur des automobiles !
On étudie peu l’histoire des déchets et pourtant, tous les pays de toutes les époques ont dû composer avec ce problème. Aujourd’hui, nous prenons pour acquis la gestion des déchets. Mais en Nouvelle-France, il n’y avait aucun service de récolte des ordures. Et pire : il n’y avait aucune poubelle…
AVERTISSEMENT : si vous voulez conserver une image romantique des rues du Vieux-Québec ou de n’importe quelle ville ancienne, n’écoutez pas cette épisode !
LACHANCE, André, «La vie urbaine en Nouvelle-France», Montréal, Boréal Express, 1987, pp. 82-91
SAUCIER, Roger, «L’hygiène à Québec sous le régime français», Université Laval, 1958, 182p.
040 – Un enfant abandonné en Nouvelle-France
104 histoires de Nouvelle-France - 040 - Un enfant abandonné en Nouvelle-France[ 10:31 ]Play Now | Play in Popup | Download
Cette semaine, je vous présente une histoire incroyable, celle d’un enfant vivant en Normandie, mais qu’une belle-mère jalouse aurait fait abandonner en Nouvelle-France.
Certains historiens la décrivent comme vraie, mais l’est-elle réellement?
«L’Odyssée de Jean-Baptiste Couture», Le Canada Français, Publication de l’Université Laval, organe de la Société du parler français au Canada, volume 20, 1933, pp. 39-43
104 histoires de Nouvelle-France - 041 - Un PPP aux origines de la Nouvelle-France[ 11:44 ]Play Now | Play in Popup | Download
Bonjour à toutes et à tous,
Je sens que le titre de cet épisode risque d’en faire sursauter plus d’un!
Et pourtant, c’est vrai, car le tout premier voyage de «découverte» en partance de la France vers le Nouveau Monde (et lors duquel on a donné le nom à la Nouvelle-France) est né de la collaboration du roi de France d’un regroupement de banquiers et commerçants italiens installés à Lyon et à Rouen.
Et ceci, une bonne dizaine d’années avant le premier voyage de Jacques Cartier…
104 histoires de Nouvelle-France - 042 - Les magouilles d'un marchand de vin[ 9:56 ]Play Now | Play in Popup | Download
Bonjour à toutes et à tous,
Cette semaine, je vous parle des magouilles de Samuel Bernon, un marchand de La Rochelle, qui a tenté, avec l’aide d’autres marchands de Québec, de s’approprier le monopole du commerce du vin en Nouvelle-France.
Pour en savoir plus :
BOYER, Raymond, «Les crimes et les châtiments au Canada français», Montréal, Le Cercle du livre de France, 1966, pp. 380-381
043 – Défense à la Dame de la Forêt de faire tourner son moulin
104 histoires de Nouvelle-France - 043 - Défense à la Dame de la Forêt de faire tourner son moulin[ 10:14 ]Play Now | Play in Popup | Download
Bonjour à toutes et à tous,
Cette semaine, je vous parle d’une anecdote dont le titre m’a beaucoup fait sourire quand je l’ai lu dans Édits, ordonnances royaux, déclarations et arrêts du Conseil d’État. On y faisait défense à une certaine «Dame de la Forêt» de faire tourner son moulin sur l’Île d’Orléans…
Je me disais que voilà une chose bien étrange : après les sorciers de l’Île d’Orléans, voilà maintenant que nous avons une «Dame de la Forêt»… Mais nous nageons en plein Seigneurs des Anneaux, me disais-je !
La réalité est toutefois plus prosaïque, mais elle m’a permis de découvrir une autre femme de la Nouvelle-France qui rivalisait avec les hommes au niveau des échanges commerciaux et qui a réussi à se faire appeler «comtesse» de Saint-Laurent pendant quelques années.
104 histoires de Nouvelle-France - 044 - Jean Corolère, bourreau par amour[ 9:50 ]Play Now | Play in Popup | Download
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à cette nouvelle histoire de Nouvelle-France.
Si vous vous rappelez bien, à l’histoire 27 de ces 104 histoires de Nouvelle-France, je vous avais dit qu’à l’époque, on ne se mariait pas par amour. Et bien, j’en ai trouvé une histoire de mariage d’amour.
Ou, du moins de la part d’une des personnes, car l’homme en question était à se point amoureux de sa femme, qu’il est devenu «exécuteur de hautes oeuvres» (ou bourreau) pour la sauver de la mort.
Ça, mesdames, c’est de la galanterie !
Pour en savoir plus :
BOYER, Raymond, Les crimes et les châtiments au Canada français du XVIIe au XXe siècle, L’Encyclopédie du Canada français, vol. 5, Ottawa, 1966, p. 232
104 histoires de Nouvelle-France - 045 - Les édentés de la Nouvelle-France[ 11:21 ]Play Now | Play in Popup | Download
Bonjour à toutes et à tous,
Le sujet de cette semaine est, je l’avoue, un peu bizarre. Mais il m’est venu récemment lors d’une visite chez le dentiste. J’avais déjà lu quelques trucs sur l’aspect des dents des habitants de la Nouvelle-France et ça m’a donné le goût d’aller plus loin et je me suis dit : allons voir l’état des dents des habitants de la Nouvelle-France.
Mais je me suis buté rapidement à un problème de taille : il n’y a pratiquement rien (aucune source ou étude) qui parle des soins dentaires en Nouvelle-France. Dans les études sur l’hygiène personnelle, on parle de la façon de se laver, de se raser, mais pour ainsi dire rien sur le soin des dents…
J’ai donc dû me rabattre sur les sources de l’époque, mais en allant voir du côté de la France. Car si les soins du corps étaient si rapprochés entre la France et la Nouvelle-France, ça devait être la même chose pour les dents…
046 – Susanna Johnson, une esclave blanche en Nouvelle-France
104 histoires de Nouvelle-France - 046 - Une esclave blanche en Nouvelle-France[ 26:42 ]Play Now | Play in Popup | Download
Bonjour à toutes et à tous,
Cette nouvelle histoire se déroule dans un contexte assez particulier et montre un côté sombre de l’histoire de la Nouvelle-France : l’esclavage. Depuis quelques années, on parle de l’esclavage en Nouvelle-France : il y a eu des expositions, des livres, des émissions de télévision… On ose maintenant dire que nos ancêtres ont pratiqué l’esclavage des Noirs et des Amérindiens.
Mais on a aussi pratiqué l’esclavage des Blancs. Pendant le XVIIe et le XVIIIe siècles, de nombreux habitants de la Nouvelle-Angleterre ont été enlevés par les Abénakis et ramenés comme esclaves en Nouvelle-France. Plusieurs ont été vendus à des Français qui leur rendaient la liberté en échange d’une rançon ou qui les faisaient travailler, faute de main d’oeuvre.
Je vous raconte aujourd’hui l’histoire de Susanna Johnson, une Néo-Anglaise qui a été enlevée avec sa famille en 1754 et qui a vécu comme esclave d’un chef abénaki avant d’être vendue au gouverneur de la Nouvelle-France.
Je vous encourage à lire le récit de sa captivité (une version française est disponible depuis 2003). J’y ai, personnellement, découvert tout un pan de la société de la Nouvelle-France que j’ignorais.
FOURNIER, Marcel, De la Nouvelle-Angleterre à la Nouvelle-France. L’histoire des captifs anglo-américains au Canada entre 1675 et 1760. Montréal, Société généalogique canadienne-francaise, 1992, 282 p.
FURETIÈRE, Antoine, Dictionnaire universel, La Haye et Rotterdam, Arnout et Reinier Leers, 1690
HAEFELI, Evan, Ransoming New England Captives in New France Dans «French Colonial History – Volume 1», Michigan State University Press, 2002, pp. 113-127
Après une histoire aussi sérieuse, aussi lourde et aussi longue que la dernière (sur l’esclavage blanc en Nouvelle-France), j’ai décidé cette fois-ci de vous présenter une histoire sur un ton beaucoup plus léger.
Bien que cela nous semble étrange aujourd’hui, il était possible sous l’Ancien Régime de poursuivre en justice une personne qui était morte. On appelait cette procédure «Procès au cadavre». Mais avant de procéder à une telle mesure, on invoquer un crime grave comme celui de lèse-majesté… ou de suicide.
Or, même si le mot «suicide» n’existait pas en français à l’époque de la Nouvelle-France, plusieurs personnes sont tout de même passées à l’acte, se rendant automatiquement coupables d’un acte criminel grave… D’où des procès pour gens qui se sont suicidés ou qui ont tenté de le faire.
Procès au cadavre du défunt Pierre Lefebvre dit Ladouceur, époux de Marie Chastaignes de Beauport, en 1687, Vol. 5 des Cahiers des délibérations et jugements des procès sous le Régime français, Éditions Quesnel de Fomblanche, 1977, 48 pages.
Après une pause pour de petites vacances bien méritées, me revoici avec une histoire légère d’un homme dont on ne sait rien, sinon qu’autour des années 1670, il s’est fait arrêté près d’une douzaine de fois par les autorités et qu’à chaque coup, il réussissait à s’enfuir. Dollier de Casson, qui nous relate en quelques mots les exploits de cet homme, le décrit en disant qu’il était «un prisonnier célèbre», tant et si bien qu’il ne juge pas à propos de nous dévoiler son nom… Il le soupçonnait même de se laisser capturer volontairement pour mieux insulter ses gardiens en trouvant de nouvelles façons de se libérer de ses liens.
Mais après 1672, nous n’avons plus de nouvelles de lui… Édouard-Zotique Massicotte a bien tenté d’émettre une hypothèse sur l’identité de ce maître de l’évasion, mais ses arguments sont bien minces.
Pour en savoir plus :
BOYER, Raymond, «Les crimes et les châtiments au Canada français du XVIIe au XXe siècle», Montréal, Le Cercle du Livre de France, 1966, p. 423
104 histoires de Nouvelle-France - 049 - Jacques Duscheneau brouille les cartes[ 14:06 ]Play Now | Play in Popup | Download
Bonjour à toutes et à tous,
Tout d’abord, j’aimerais vous présenter mes excuses de n’avoir pas posté de nouvelle histoire depuis si longtemps! Je suis vivant et j’ai bel et bien l’intention de compléter mes 104 histoires! Mais puisque ce projet demande plus de temps que je l’avais prévu au départ et qu’il est entièrement auto-financé, j’ai eu besoin (et j’aurai encore à le faire) de m’absenter pour faire le plein de ressources.
La bonne nouvelle (car il y en a une), c’est que j’ai onze nouvelles histoires qui sont presque prêtes à être enregistrées! Je serai donc en mesure de publier de nouvelles histoires de façon plus régulière. =)
Autre point important : pendant mon absence, j’ai eu quelques problèmes avec mon ordinateur et j’ai perdu tous les courriels qui étaient envoyés à info@104histoires.com. Si vous m’avez écrit depuis le début de l’année et que je ne vous ai pas répondu, n’hésitez pas à m’écrire à nouveau. Je ferai tout en mon pouvoir pour vous répondre rapidement.
Et finalement, j’aimerais vous remercier de votre écoute. J’ai commencé ce projet pour me faisant plaisir en vous racontant des histoires. J’étais loin d’espérer qu’elles vous plairait tant!
*****
Dans cette nouvelle histoire, j’aimerais relier 2 événements qui ont marqué le printemps 2012 au Québec : le conflit étudiant et la Commission Charbonneau.
Ce qui a attiré mon attention dans le conflit étudiant, ce ne sont pas les revendications, mais plutôt la division au sein de la population. Or, j’ai trouvé un événement qui, il y a près de 340 ans, a divisé, lui-aussi, la population. Et plusieurs personnes d’influence ont payé cher leur allégeance à l’un ou l’autre camp.
Et pour ce qui est de la Commission Charbonneau, c’est Jacques Duscheneau qui m’intéresse. Car l’événement que je vais vous raconter met en scène un certain Jacques Duscheneau qui a été envoyé en Nouvelle-France à titre d’intendant et qui est venu, lui aussi, brouiller les cartes… Car une guerre s’est rapidement déclarée entre lui et le Gouverneur de l’époque, Frontenac.
104 histoires de Nouvelle-France - 050 - Un des premiers conflits sur les mines[ 15:17 ]Play Now | Play in Popup | Download
Depuis quelques années, l’industrie minière a suscité … Comment pourrait-on dire… plusieurs débats au Québec. Et pas seulement à cause des impacts environnementaux, mais aussi pour dénoncer les avantages consentis aux entreprises qui oeuvrent dans ce secteur.
Pourquoi parler de cela?
Parce que ce n’est pas d’hier que l’exploitation minière dans la vallée du Saint-Laurent et en Acadie fait jaser : la première cause que j’ai trouvée remonte (tenez-vous bien) aux héritiers de Jacques Cartier, 20 ans avant la fondation de Québec!
En faisant mes petites recherches sur cette histoire, une impression de «déjà-vu» me revenait contamment en tête. J’avais presque l’impression de lire les journaux d’aujourd’hui tellement certains détails ressemblent à des préoccupations actuelles : non seulement parle-t-on d’exploiter des mines, mais les deux grands acteurs de ce débat sont d’un côté, une entreprise privée qui demandait à l’État de lui accorder un monopole commercial et d’un autre côté, un groupe d’hommes d’affaires qui s’opposaient à cette entente en invoquant… «la liberté de commerce»…
Alors : qui a dit que l’histoire n’était pas d’actualité?
Combien vaut (ou valait) la ville de Québec? Que diriez-vous d’une dot et de deux bateaux? Trop peu? C’est, du moins, ce que le roi d’Angleterre, Charles 1er, a réclamé au roi de France avant de lui redonner possession de Québec, en 1629.
À l’été 1629, des bateaux anglais, menés par les frères Kirke, ont assiégé Québec et ont réussi à s’en emparer.
Je n’entrerai pas ici dans tous les détails de cette entreprise (ça se trouve assez facilement dans les livres d’histoire). J’aimerais, cependant, à souligner que cette première prise de Québec n’était pas le fruit du hasard. Elle s’inscrivait dans une des nombreuses guerres que se sont livrées la France et l’Angleterre au cours des siècles.
Et c’est en gardant cette perspective en tête qu’on pourra bien comprendre cette histoire, celle de la restitution de la ville aux Français.
104 histoires de Nouvelle-France - 052 - Pour en finir avec la Terre plate[ 12:49 ]Play Now | Play in Popup | Download
Pour cette 52e histoire (qui marque la moitié du projet), je m’offre un sujet qui me tient particulièrement à coeur : la question de la Terre Plate!
Il n’y a pas longtemps, j’ai retrouvé une note sur laquelle je relatais une remarque entendue pendant une formation que je suivais. Notre «formateur» prétendait qu’à l’époque des grands explorateurs (donc, dans les premières décennies de la Nouvelle-France), les gens croyaient que la Terre avait la forme d’un disque. Qu’elle était plate, quoi. Ceci ajoutait, disait-il, à la bravoure de ces hommes qui quittaient l’Europe pour explorer le Nouveau Continent.
104 histoires de Nouvelle-France - 053 - Des Anglais au service des Français[ 16:51 ]Play Now | Play in Popup | Download
L’histoire de cette semaine ressemble à un film d’action dans lequel il y aurait trop d’action. Un film d’intrigues qui mèle le contrôle sur le commerce, des activités illégales, des navires détruits, des changements d’allégeances, et j’en passe.
L’histoire que je vous raconte est celle de John Outlaw et de John Abraham. Deux personnages sur lesquels on n’a que très peu d’informations, mais le peu qu’on connaît donne le vertige.
En résumé, je pourrais vous les présenter en vous disant simplement que dans le dernier quart du XVIIe siècle, ils travaillaient tous les deux pour la Compagnie de la Baie d’Hudson et qu’à la suite d’ennuis reliés à des activités illégales, ils sont passés du côté des Français.
Ça, c’est pour le synopsis.
Malheureusement, si grâce aux archives de la Compagnie de la Baie d’Hudson, on connaît bien leurs allées et venues du temps qu’ils étaient à son emploi, on ne trouve presque rien à partir du moment où ils passent du côté des Français.
Et c’est dommage, car je crois qu’ils feraient l’objet d’un très bon livre d’histoire qui pourrait se lire comme un roman et d’un bon documentaire qui se regarderait comme un film d’aventures.
Je vous présente tout de même cette semaine ce que j’ai appris sur eux.
Bonjour à toutes et à tous! Je suis très heureux de vous retrouver avec de nouvelles histoires de Nouvelle-France!
Aimez-vous les histoires de pirates?
J’aimerais maintenant vous raconter le récit peu connu dans l’histoire de la Nouvelle-France d’une bataille navale qui s’est déroulée en 1690 sur l’île de Terre-Neuve avec, en toile de fond, des attaques de flibustiers anglais contre des postes français et des raids de flibustiers français contre des postes (vous l’aurez deviné) anglais.
L’histoire de l’expédition du capitaine de la Lande est étonnante. Je la range dans la catégorie de récits qu’on peine à croire réels ou même réalistes. Ils semblent plus appartenir au monde du cinéma qu’à la discipline historique dite «sérieuse». J’avoue avoir hésité moi-même avant de l’inclure dans ces chroniques, car à un certain moment, je doutais de sa véracité : peu de sources qui nous sont parvenues de la Nouvelle-France la mentionnent et des erreurs de transcriptions se sont glissées dans le texte sans jamais avoir été corrigées.
Quand on parle des habitants de la Nouvelle-France, on a souvent l’impression qu’ils formaient un bloc culturel unique. D’un côté il y avait, bien entendu, les Amérindiens, mais dans le groupe des Européens (ou des descendants d’Européens), on pense généralement que seuls des Français étaient venus s’établir ici.
Pour cette 55e histoire de Nouvelle-France, je vous présente les grandes lignes de la vie de Charles-Elemy-Joseph-Alexandre-Ferdinand de Feltz, un chirurgien allemand arrivé en Nouvelle-France en 1738 avec presque rien et qui a réussi, au fil des années, à devenir un des hommes les plus riches et les plus connus (à son époque) de la Nouvelle-France.
KAUFHOLTZ-COUTURE, Claude, «Le monde germanique de la Nouvelle-France au XVIIe siècle, 1re partie», Revue Germaniques: Ahnengalerie, Vol. 8 No 1, Janvier-Avril 2008, Cahier 22, pp. 38-39
***
L’image des instruments de chirurgie provient de la Library of Congress. URL de l’image.
056 – Un moine bénédictin caché en Nouvelle-France
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à cette 56e histoire de Nouvelle-France.
Aujourd’hui, j’aimerais vous raconter l’histoire d’un moine bénédictin qui a fui la France, qui s’est réfugié en Nouvelle-France, mais dont l’histoire, à son retour en Europe a créé un véritable scandale dans les journaux de Hollande.
Alors, pour un certain temps, au début du XVIIIe siècle, la Nouvelle-France a eu mauvaise presse (et je pense qu’on peut vraiment dire ça comme ça) en Hollande.
Voici donc l’histoire de ce moine ermite caché en Nouvelle-France.